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University courtyard and arches, Pittsburgh

Enseigner aux États-Unis ou au Canada avec un diplôme d’un pays francophone : 6 choses à savoir

Publié en janvier 2024, entièrement mis à jour le 1er octobre 2026 d’après les sources officielles citées en fin d’article.

Enseigner à l’étranger est un rêve partagé par de nombreux enseignants francophones, et les États-Unis et le Canada figurent parmi les destinations de choix. Depuis 2025, la question n’est plus seulement « mon diplôme est-il reconnu ? ». C’est aussi « ai-je le droit de venir travailler ? ». Voici les six points à vérifier, dans l’ordre.

L’essentiel

  • Tout se décide État par État aux États-Unis, province par province au Canada. Il n’existe pas de permis d’enseigner national.
  • L’évaluation des diplômes ne passe pas toujours par WES. L’Ontario, le Québec et l’Alberta évaluent eux-mêmes les dossiers des enseignants.
  • Aux États-Unis, le visa est devenu l’étape la plus incertaine. Le visa J-1 « Teacher » reste la voie principale, mais il est fermé aux ressortissants de plusieurs pays francophones depuis le 1er janvier 2026.
  • Au Canada, parler français est un atout. Une catégorie d’Entrée express vise les candidats francophones, une autre les métiers de l’éducation.
  • Le test de langue dépend de l’organisme. Le Duolingo English Test n’est pas le TOEFL, et l’Ordre des enseignantes et des enseignants de l’Ontario ne l’accepte pas.

1. L’évaluation des diplômes

Aux États-Unis, chaque État fixe la liste des organismes qu’il accepte. La Floride et la Pennsylvanie acceptent les membres de NACES ou d’AICE ; la Californie tient sa propre liste. WES et IEE sont tous deux membres de NACES et figurent sur la liste californienne. Avant de payer, lisez la liste du département de l’éducation de l’État que vous visez.

Au Canada, l’organisme dépend de la province :

Province ou territoireQui évalue votre dossier
OntarioL’Ordre des enseignantes et des enseignants de l’Ontario, directement : votre université lui envoie vos relevés. La décision est communiquée dans les 60 jours ouvrables qui suivent la réception du dossier complet, et une évaluation d’admissibilité gratuite et non contraignante existe
QuébecLe ministère de l’Éducation. Les enseignants formés hors du Canada reçoivent un permis probatoire, et un examen de langue est obligatoire
AlbertaAlberta Education, seul organisme habilité
Colombie-Britannique, Manitoba, Nouveau-Brunswick, Nouvelle-Écosse, Île-du-Prince-Édouard, Saskatchewan, Terre-Neuve-et-Labrador, Territoires du Nord-Ouest, NunavutPathways to Teach Canada. L’évaluation des diplômes y coûte 500 $ CA depuis le 14 juillet 2026

Le Yukon n’apparaît dans aucune de ces listes : renseignez-vous auprès de son ministère de l’Éducation.

2. La langue

Le français est une langue officielle au Canada, mais chaque organisme a ses propres exigences.

  • Ontario. Vous êtes dispensé de test si votre formation à l’enseignement s’est déroulée en anglais ou en français dans un pays de la liste de l’Ordre, où figure notamment la France. Sinon, l’Ordre accepte pour l’anglais l’IELTS (6,5), le TOEFL iBT (95), le CELPIP (8), le PTE Core (69) ou le LCATP (60), et pour le français le DALF, le TCF ou le TEF au niveau C1, ou l’ÉCLPE (60).
  • Alberta. TOEFL iBT 97 ou IELTS Academic 6,5 (7 à l’oral), ou une scolarité en anglais ou en français.
  • Québec. Un examen de langue est obligatoire pour obtenir l’autorisation d’enseigner.
  • États-Unis. L’anglais est la langue du système éducatif, et le visa J-1 « Teacher » exige lui-même une maîtrise suffisante de l’anglais.

Une précision : le Duolingo English Test est un test à part entière, sans lien avec le TOEFL, qui appartient à ETS. Il sert surtout aux admissions universitaires. Il ne figure ni sur la liste de l’Ontario ni sur celle de l’Alberta.

3. La certification

Aux États-Unis, chaque État délivre sa propre certification, avec ses exigences. Au Canada, elle varie d’une province à l’autre. De nombreux programmes demandent aux enseignants formés à l’étranger un stage d’observation ou une période de pratique dans une école locale, ce qui aide aussi à comprendre le système de l’intérieur. Au Québec, les enseignants formés hors du Canada commencent avec un permis probatoire.

4. Le droit de travailler

Aux États-Unis

  • Le visa J-1 « Teacher ». Il faut être enseignant qualifié dans son pays, détenir l’équivalent d’un bachelor, avoir deux ans d’expérience, répondre aux normes de l’État d’accueil et occuper un poste à temps plein dans une école primaire ou secondaire accréditée. Il dure trois ans et peut être prolongé d’un ou deux ans (Département d’État).
  • Le visa H-1B. Une proclamation de septembre 2025 impose un paiement de 100 000 $ US pour les nouvelles demandes. Elle a été prolongée jusqu’au 21 septembre 2027, sans exception propre aux enseignants. Le 8 juin 2026, un tribunal fédéral a annulé la politique qui la met en œuvre et, d’après les universités qui suivent le dossier, le paiement n’est pas perçu pendant l’appel. La situation peut changer : ne comptez pas sur cette voie.
  • Les restrictions par nationalité. Depuis le 1er janvier 2026, la délivrance de tous les visas est suspendue pour les ressortissants du Burkina Faso, du Tchad, de la République du Congo, de la Guinée équatoriale, d’Haïti, du Mali et du Niger. Une suspension partielle, qui inclut les visas J, vise le Bénin, le Burundi, la Côte d’Ivoire, le Gabon, la Mauritanie, le Sénégal et le Togo. Les visas déjà valides ne sont pas révoqués. La liste complète est sur le site du Département d’État.

Au Canada

  • Entrée express, catégorie « Éducation ». Elle vise les enseignants du secondaire (CNP 41220), du primaire et du préscolaire (41221), les éducateurs de la petite enfance (42202), les instructeurs pour personnes ayant une déficience (42203) et les aides-enseignants (43100), avec 12 mois d’expérience dans les trois dernières années.
  • Entrée express, catégorie « Compétence en français ». Il faut un niveau NCLC 7 dans les quatre habiletés.
  • Mobilité francophone. Ce permis de travail dispense l’employeur d’étude d’impact sur le marché du travail, pour un emploi hors Québec. Les frais sont de 155 $ CA.

Pour l’Entrée express, vous aurez aussi besoin d’une évaluation des diplômes : voir le guide 2026.

5. Les programmes qui recrutent des enseignants francophones

  • CODOFIL, en Louisiane. Environ 150 enseignants dans 36 écoles d’immersion. La France recrute par France Éducation international, la Belgique par WBI ; les candidats du Canada, d’Afrique et d’ailleurs postulent directement, du 10 janvier au 15 mars.
  • Le programme Jules Verne, pour les enseignants titulaires de l’Éducation nationale française. La note de service du 6 juillet 2026 ouvre la campagne 2027-2028.
  • Les filières bilingues américaines. Plus de 180 écoles dans 30 États proposent un programme bilingue ou d’immersion en français, pour plus de 30 000 élèves. Le site de la Villa Albertine, qui a repris celui des services culturels de l’ambassade de France, publie des ressources pour les enseignants.

6. L’adaptation, en classe et en dehors

Enseigner dans un autre pays va au-delà des compétences pédagogiques. Comprendre les normes culturelles, les attentes des élèves et des parents et le système éducatif dans son ensemble compte autant que le diplôme. Les États-Unis et le Canada offrent de vraies occasions d’enrichissement professionnel et personnel, à condition de rester ouvert à l’apprentissage continu.

Erreurs fréquentes

ErreurConséquenceComment l’éviter
Commander une évaluation WES par réflexeDes frais inutiles : l’Ontario, le Québec et l’Alberta évaluent eux-mêmesLire d’abord la page de l’organisme de la province ou de l’État visé
Présenter un Duolingo English TestTest refusé par l’organisme de certificationVérifier la liste des tests acceptés avant de s’inscrire
Chercher un poste aux États-Unis avant de vérifier le visaUne offre inutilisable si votre nationalité est visée par une suspensionConsulter la liste du Département d’État en premier
Compter sur le visa H-1BUn paiement de 100 000 $ US contesté en justice, sans exception propre aux enseignantsViser le J-1 « Teacher » ou un programme d’échange
Croire qu’une certification vaut partoutUn permis d’un État ou d’une province n’est pas valable ailleursChoisir la destination avant de lancer les démarches

Questions fréquentes

Peut-on enseigner aux États-Unis avec un diplôme d’un pays francophone ?

Oui, à trois conditions : une évaluation de diplôme acceptée par l’État visé, la certification de cet État, et un visa. En octobre 2026, le visa J-1 « Teacher » demande l’équivalent d’un bachelor et deux ans d’expérience.

Faut-il passer par WES pour enseigner au Canada ?

Pas en Ontario, au Québec ni en Alberta, qui évaluent eux-mêmes les dossiers. Neuf autres provinces et territoires passent par Pathways to Teach Canada.

Quel test de langue faut-il présenter ?

Celui que l’organisme de certification accepte. En Ontario : IELTS, TOEFL iBT, CELPIP, PTE Core ou LCATP pour l’anglais, DALF, TCF, TEF ou ÉCLPE pour le français, sauf dispense si vous avez été formé en français ou en anglais dans un pays de la liste.

Quels pays francophones sont concernés par les restrictions de visa américaines ?

Au 1er octobre 2026 : suspension totale pour le Burkina Faso, le Tchad, la République du Congo, la Guinée équatoriale, Haïti, le Mali et le Niger ; suspension partielle, visas J compris, pour le Bénin, le Burundi, la Côte d’Ivoire, le Gabon, la Mauritanie, le Sénégal et le Togo.

Le français est-il un avantage pour immigrer au Canada comme enseignant ?

Oui. L’Entrée express a une catégorie « Compétence en français » (NCLC 7) et une catégorie « Éducation », et le permis Mobilité francophone facilite l’embauche hors Québec.

Sources

Vérifié le 1er octobre 2026. Diplonaut n’est affilié à aucun organisme d’évaluation et ne perçoit aucune commission.


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